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"Tu es courageuse de te mettre à écrire".

Updated: Feb 7




Les personnes qui me connaissent peu pensent que l’écriture a surgi du néant avec le roman « Rien que du grand ciel ». Ils m’imaginent partir de rien, noircir des écrans durant des jours avec régularité jusqu’à l’Arrivée du Livre. la ligne droite. Quel courage, se disent-ils, parcourir ce chemin d'une traite depuis la lointaine dissertation scolaire.


A la vérité, c’est tout le reste qui a demandé du courage: travailler, enseigner, faire de la recherche, gérer une équipe, des financements, apprendre, encadrer. Cela a pris tout mon temps.

L’écriture était présente depuis le début avec de petites histoires, de longues nouvelles, des romans inachevés, des histoires à creuser, des projets muets. A force de griffonner, de remplir mes tiroirs d’inspirations diverses, j’ai fini par débuter.


Le chemin est long, l’air glacé, brûlant, c’est pénible, crevant, ça ne va pas vite, ça recule, ça prend forme, ça doit être effacé : tout est à reprendre. Je doute de tout : de moi, de l’histoire, de l’intérêt de passer des soirées et des week-ends à raconter cette petite affaire. Je doute du résultat. Je doute de mes capacités, de l’utilité de la démarche.

Puis un jour, une nuit plutôt, le livre est terminé. Imparfait, court, brûlant : il faut bien en faire quelque chose, c’est le premier qui tient debout tout seul. On l’envoie aux maisons d’édition, on l’édite, on le partage.

C’est décidé : on est devenu artisan. Désormais notre vie, parmi les autres que l’on mène déjà, sera consacrée à construire des objets, les polir, les dessiner, les souligner, les rater souvent.


Ce n’est pas courageux : c’est vital, l’énergie coule des doigts, pas le choix : on saute du pont.

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